Mon accouchement … avec la Sophrologie

9 mois viennent de s’écouler depuis qu’un bébé s’est installé dans votre ventre. Vous le saviez dès lors, l’issue est la même pour toutes les femmes depuis la nuit des temps : il va falloir accoucher !!!

De notre société empreinte d’éducation judéo-chrétienne, les femmes gardent dans leur inconscient collectif la notion qu’accoucher est douloureux. Nombreuses sont les futures mamans qui angoissent littéralement à la perspective de cet évènement censé être l’un des plus beaux jours de leur vie.

Alors, sans aller jusqu’à dire qu’accoucher est une pure partie de plaisir, je vous invite quand même à lire cet article dans lequel je vous donne des pistes pour envisager sereinement ce moment initiatique qui fera de vous une femme différente quoi qu’il arrive…

Bon voyage en terre Sophrologique

Les bienfaits de la Sophrologie pour l’accouchement

Si vous avez eu la chance de découvrir et de pratiquer la sophrologie au cours de votre grossesse, vous vous êtes déjà familiarisée avec cette méthode.

Surement avez vous pu apprécier le calme et la détente accessibles facilement à tout moment de la journée grâce aux exercices que votre sophrologue vous a enseigné.

Il est probable également que vous soyez déjà dans un rapport plus fin avec vos sensations corporelles, plus à l’écoute de vous même et de ce qui est bon pour vous.

Et si votre accouchement se déroulait lui aussi dans un sentiment d’accueil et de non jugement?

Concrètement, la sophrologie vous remet au cœur de votre accouchement.

L’accouchement est quelque chose de naturel dont la médecine s’est emparée pour assurée la sécurité de tous. De nombreuses vies ont ainsi été sauvées et les progrès médicaux procurent aux femmes qui le désirent, une prise en charge quasi complète de la douleur.

Cependant, la surmédicalisation n’a pas que des bons côtés.

L’objectif de cet article n’est en aucun cas de jeter un discrédit sur la médecine et la technique, ni de juger les couples qui choisissent d’avoir recours à la péridurale et autres actes médicaux. Non, le sophrologue, véhicule la bienveillance et la tolérance, mon “rôle” ici est donc de vous fournir une information et de vous proposer des pistes de réflexion, des outils que vous ne connaissiez peut être pas et qui pourraient faire La différence pour vous au moment où vous allez accueillir votre bébé.

J’attire votre attention sur un point TRES important : Informez-vous !

En effet, l’accouchement n’est pas sans éveiller des questions, des peurs, des fantasmes et autres idées préconçues que peu de monde vous invitera à éclaircir.

Il y a tellement à “apprendre” que les quelques séances avec votre sage-femme, gynécologue ou médecin ne suffiront pas !

Petite parenthèse d’ailleurs : j’espère qu’au moment où vous lisez cet article vous n’êtes pas à un jour ou deux de votre accouchement en train de vous dire :’”tiens, et si j’envisageais de me préparer un peu !!!”

En effet, en plus de l’information, vous allez avoir besoin d’entrainement, de pratique car encore une fois, la simple lecture de cet article ne fera pas grand chose pour apaiser les sensations intenses de l’accouchement. Pourtant je fais de mon mieux pour développer les pouvoirs magiques de Samantha, ma Sorcière bien Aimée afin de soulager bien des maux mais hélas je ne trouve aucun cours de qualité sur “commet faire remuer mon nez” (pour les plus jeunes qui ne comprennent pas mon clin d’œil à une superbe série, je vous réponds de suite :  non, je en suis pas vieille !!!!!!!!!!!!!!! )

Les bénéfices que vous pouvez retirer des pratiques sophrologiques pour le jour de l’accouchement sont :

  • un apaisement et une facilité accrue à retrouver le calme en accueillant les évènements tels qu’ils sont sans les analyser ni les interpréter et sans anticiper.
  • une capacité de relâchement corporel nécessaire au bon déroulement du processus de la mise au monde.
  • une aisance à activer le positif et mobiliser vos ressources
  • une approche douce et naturelle dont les bienfaits iront au-delà de ce grand jour.
  • Une prise de recul afin de pouvoir répondre au mieux aux évènements qui se présentent.
  • Une gestion des sensations intenses et de la fatigue
  • un retour à votre force animale

et bien sur, une confiance en vous décuplée.

Tout un beau programme, non ?

De l’information

Le droit à une information claire et précise du patient est inscrit dans le code de la santé publique avec la loi du 4  mars 2002. Pourtant en matière d’accouchement, les femmes manquent cruellement d’information et il faut aller les pêcher…

L’information dont vous allez avoir besoin se distingue en plusieurs catégories:

qu’est ce qu’un accouchement, comment ça se déroule dans le corps, que se passe t il pour vous, pour votre bébé ?

Quels sont les actes médicaux qui vont avoir lieu si j vais accoucher à l’hôpital, quels sont leurs fins ?

Quelles sont les alternatives aux pratiques médicales ?

Quelles sont les pratiques et approches proposées par le lieu que j’ai choisie pour donner naissance à mon bébé (position d’accouchement, soins portés au bébé lors de l’accueil de ce dernier…) ?

Quelle méthode choisir pour me préparer à l’accouchement ?

Quelle sera la place de mon partenaire dans cet accouchement ?

Vous comprendrez aisément qu’en un seul article je ne peux malheureusement pas répondre à toutes ces questions, d’autant que certaines relèvent aussi de votre cheminement personnel.

Je me contenterais de vous informer ici sur ce qu’il se passe dans votre corps quand vous avez peur, quand vous avez mal et je vous présenterais aussi le déroulement de l’accouchement.

Et allé, parce que vous m’êtes sympathiques, je vous proposerai un outil pour apaiser les sensations intenses.

L’objectif de ces informations est de vous permettre de comprendre et de donc de pouvoir choisir ce qui est bon pour vous en toute conscience

En avant la connaissance du corps et de son merveilleux fonctionnement… (vous ai-je déjà dit à quel point je suis fascinée par le corps humain ??!!! Quelle magie, quelle machinerie extraordinaire !!! )

Et si vous appréhendiez les peurs plus sereinement

Comme lorsque je vous ai parlé de la respiration, je vais à nouveau vous parler un peu du cerveau humain, ordinateur plus puissant que tous les ordis de la Naza !!

Un peu de physiologie, c’est parti !

Le cerveau en 3 étages :

Reptilien : partie la plus ancienne du cerveau.

Il régule les mouvements musculaires, l’équilibre, les fonctions autonomes 1eres (cœurs, pression artérielle, respiration).

Il y a le tronc cérébral + cervelet : siège de l’agressivité, réactions compulsives, sens du territoire.

Limbique : siège des émotions, attention et souvenirs chargés d’émotions. Besoin de se nourrir, se battre, se reproduire.

Besoins intuitifs, sociaux et émotionnel.

Il est composé de l’hypothalamus (qui sécrète l’ocytocine) ;

Hypocampe (compare les images extérieures aux images mémorisées).

Amygdale (celle qui envoie au corps le message de fuite ou combat quand l’hypocampe perçoit un danger).

Neocortex : en particulier le cortex préfrontal. Partie la plus récente, elle permet la conceptualisation, créer, parler, apprendre, mémoriser, imaginer. Mais aussi partie qui rumine, s’inquiète du futur, ressasse et analyse le passé, planifie, établit des raisonnements et essaie de résoudre des problèmes.

Maintenant que ces éclairages sur le cerveau sont posés, voyons un peu le système nerveux… Même si ça peut paraître un peu complexe au premier abord, vous allez vite comprendre et promis, je ne vous ferais pas d’interro surprise à la fin !

Le système nerveux autonome (SNA) : contrôle les processus involontaires du corps. Il est nécessaire de le connaître pour comprendre le lien corps-esprit et ainsi voir comment la pleine conscience est importante lors de l’accouchement.

Le SNA a 2 voies neuronales :

Le SN Parasympathique (SNP) : agit sur le ralentissement des fonctions de l’organisme pour économiser l’énergie, favorise le repos et la récupération.

Grâce à l’ocytocine, il rétroagit au niveau du SN central et influe sur la confiance, la curiosité, la croissance, la guérison, interactions sociales positives et les émotions.

Le SN Sympathique (SNS) : il régule la réaction de fuite ou combat, favorise la production d’hormones du stress : adrénaline, noradrénaline et par action sur la glande médullo-surrénale produit le cortisol.

Les deux s’équilibrent grâce à l’hypothalamus et grâce à nos perceptions des situations.

Idéalement, le SNP devrait prédominer. C’est le cas quand on se sent calme, apaisé, satisfait, heureux, ouvert, chaleureux équilibré, à l’aise, détendus, généreux, contemplatif, en sécurité, confiant…

L’ocytocine permet de mieux tolérer la douleur, de se sentir plus courageux.

C’est aussi elle qui contribue à l’orgasme, qui donne envie de câlins et de tendresse, fait tomber amoureux, fait aimer fortement son bébé, favorise l’écoulement du lait et contractions utérines après l’accouchement pour que l’utérus reprenne sa taille… Waouh, j’adore cette hormone !!!!

L’ocytocine est importante dans la 1ere phase du travail, elle permet les contractions efficaces et régulières.

La réaction de fuite ou combat doit être extrêmement rapide ! En cas de danger, il pourrait fatal que le cerveau entre en débat :”Alors les gars, que fait-on ? Pensez-vous qu’il soit utile de nous barrer en courant devant ce lion féroce, ou pouvons-nous imaginer une médiation avec l’ennemi ?”

Quand l’hippocampe perçoit ce qui pourrait être un danger, l’amygdale sonne l’alarme et demande à l’hypothalamus de stimuler l’hypophyse qui envoie des signaux neurochimiques dans le sang jusqu’aux glandes surrénales.

Ces dernières libèrent de l’adrénaline, ce qui implique des changements physiologiques :

Rythme cardiaque accélère, respiration plus rapide, mains moites, afflux sanguin priorisé aux muscles des jambes et des bras afin de fuir ou de se battre, pupilles dilatées pour être vigilent.

Cet état d’alerte qui se manifeste de manière inconfortable dans le corps et l’esprit porte un nom : la peur.

Cette cascade d’évènement neurochimiques ne prend que quelques millisecondes et a lieu dans le système limbique, bien avant que le néocortex, plus récent mais plus lent et plus rationnel puisse agir.

Aujourd’hui le stress n’est pas un lion affamé mais d’ordre de prédateurs de l’esprit : date limite, peur d’arriver en retard, embouteillages, désaccord avec une personne, factures à payer…

Pour stopper la mise en alerte : la solution est là, sous notre nez, oui oui, juste sous vos narines : Respirez !

Pendant l’accouchement : combattre ou fuir ?

La production d’adrénaline inhibe la production d’ocytocine, et redirige le sang vers les organes « prioritaires » dont l’utérus ne fait pas partie.

Donc les contractions seront moins régulières, moins efficaces, plus espacées.

L’utérus, moins irrigué produit de l’acide lactique et ralentit le travail, le rend plus long et plus douloureux. Pouvant aller jusqu’à interrompre complètement l’accouchement.

Pendant la première partie du travail, l’adrénaline n’est pas la bienvenue, cependant elle a sa place à la fin de la dilatation, juste avant la naissance.

L’étape ultime de l’accouchement approche et le corps a besoin de sucre dans le sang et fournit aux muscles davantage d’énergie pour pousser avec plus de puissance.

Quand une femme a peur, des messages sont envoyés à son corps pour lui signaler qu’il y a un danger, qu’il va falloir combattre ou fuir.

Le sang et l’oxygène sont instantanément dirigés vers la structure musculaire qui permettra à la femme apeurée de combattre ou de fuir ce danger.

Dans ce dessein, le sang et l’oxygène doivent être soustraits à d’autres organes considérés comme moins essentiels pour fuir ou combattre.

C’est pour cela que le visage devient blanc quand on a peur. La peau n’est pas considérée par le corps comme un organe essentiel dans ce genre de situation.

Le corps sait que la femme apeurée aura surtout besoin de ses jambes et de ses bras donc il y fait affluer sang et oxygène.

Malheureusement, l’utérus est aussi considéré comme non-essentiel face au danger.

Grantly Dick-Read – « Une naissance sans peur » – note que l’utérus d’une femme apeurée est littéralement blanc. Sans combustible, l’utérus ne peut fonctionner et les déchets ne peuvent pas non plus être correctement évacués. Par conséquent, il y aura des douleurs et des problèmes.

La douleur, pourquoi ne pas la voir différemment ?

On la connaît, on l’a expérimentée, on sait que l’on n’aime pas ça !

On peut définir la douleur comme une sensation +/- forte qui vient d’une zone du corps et qui survient quand certaines terminaisons nerveuses sont stimulées.

Comment se fait-il que nous ressentions des sensations douloureuses dans notre corps ? Pour prévenir que quelque chose ne va pas.

Ok, donc la douleur essaie de nous dire que quelque chose ne va pas. La douleur est une information envoyée par le corps… mais envoyée où ? Au Cerveau…

Pourquoi cette info est-elle nécessaire ? Pour dire de faire attention.

La douleur signale donc que quelque chose d’inhabituel se passe dans notre corps. Même si on n’aime pas, il faut bien reconnaître que c’est une bonne chose.

Les gens qui sont privés de cette capacité sont très embêtés et se blessent gravement.

Bref, on a besoin de la douleur, elle peut même nous sauver la vie.

Dans la vie, la douleur peut signifier 2 choses : blessure ou maladie.

La douleur permet de prendre soin de nous.

Qu’en est-il de la douleur de l’accouchement ? Est-elle signe d’une blessure ? d’une maladie ? Comment va-t-on la considérer ?

Des douleurs transformatrices :

Lors de l’accouchement, le corps change très rapidement, il se modifie en quelques heures, cela s’accompagne inévitablement de « douleurs transformatrices intenses ».

De tout temps le corps change (faim, satiété – énergie, fatigue – -vieillissement…) comme dans la nature. La grossesse voit ses changements s’accélérer pour vous mais pensez aussi aux changements de votre bébé de manière exponentielle.

Prenez conscience de cette vérité universelle qu’est l’impermanence. Pour vous rassurer, vous réconforter, dites-vous que l’accouchement n’est pas un état permanent, quelle que soit la durée du travail et de l’accouchement, il aura une fin.

Nommer et décrire la douleur (attention pas les émotions ou réactions émotionnelles : atroce, horrible …) :

Aiguë, lancinante, cuisante, pulsatile, crispante, piquante… Voici le panel de ce qu’il est possible de ressentir, regardons y de plus près…

  • · Sensations crispantes : au début du pré-travail mais parfois on ne sent rien.
  • · Tiraillements et resserrements : 2eme phase du pré-travail : le col se raccourcit, juste une gêne
  • · Pression : fibres musculaires du vagin et du périnée sont stimulées par la tête du bébé. C’est la fin de la dilatation, il y a alors le besoin de pousser.
  • · Brûlure : les tissus sont étirés
  • Contractions mais aussi étirements ! En effet on parle de contractions mais le col s’étire, se dilate, les tissus et les fibres du vagin s’étendent.

En considérant donc ses sensations comme des étirements et non des contractions on sent la puissance des mots, on ressent plus d’espace, d’ouverture et d’aisance… justement ce dont la femme et le bébé ont besoin.

Confort et paix pendant le travail.

En étant concentré sur les sensations et dans l’instant présent, nous allons découvrir quelque chose d’incroyable : au cœur du processus de l’accouchement se trouvent des moments de confort et de paix !

Quand le travail a pris son rythme de croisière, les contractions vont et viennent toutes les 3 à 5 mn. Le pic de vague qui s’élève dure environ 1mn.

Ainsi pour une heure de travail, vous allez ressentir seulement 12 mn discontinues de douleurs transformatrices.

Schéma de la vague de contraction en pleine conscience

Comme les vagues de l’océan qui vont et qui viennent, les contractions commencent, s’intensifient puis repartent et disparaissent.

La sensation, la douleur transformatrice ne dure pas après la contraction.

Mais alors, que se passe t il entre les contractions ?,S’il n’y à que 12 mn discontinues de douleurs transformatrices ; qu’y a-t-il pendant les 48 mn restantes ? Du repos ? un moment de récupération ? un moment sans douleur ?

Mieux que ça ! un temps agréable, un temps de confort et de paix, et parfois même de plaisir.

La nature étant même sympa, elle nous a doté de moyens pour gérer les sensations physiques intenses.

L’hypothalamus et l’hypophyse sécrètent des endorphines – opiacés naturels. Ce sont de puissants analgésiques naturels qui apaisent les douleurs physiques intenses mais également procurent un sentiment de bien-être.

Pour comparer avec un produit chimique, l’endorphine est l’équivalent de la morphine et de ses dérivés).

Le corps sécrète aussi des fortes doses d’ocytocine – l’hormone qui permet de se sentir calme et connectée ; elle diminue la douleur et augmente le courage. Elle vous transport selon l’expression de Pam England – pionnière en matière d’accouchement et d’éducation des enfants – au « Pays merveilleux de la mise au monde ».

Et oui votre corps va sécréter massivement, deux des substances euphorisantes les plus puissantes.

Mais alors, pourquoi l’accouchement a-t-il si mauvaise réputation ?

Parce que entre ces moments agréables il y a les vagues de sensations intenses et un esprit non entraîné (qui ne sais pas être dans l’instant présent) réagit par la peur.

Il se souvient de la dernière contraction et se demande comment il va pouvoir affronter la suivante et quand tout cela va se terminer ?

Empêtré dans les pensées anxiogènes liées aux expériences passées ou aux appréhensions du futur du futur, l’esprit stimule alors une production d’adrénaline qui met en position de fuite ou combat, en état de stress. Non seulement vous gâchez ces moments agréables qui font partie du processus de l’accouchement – car l’adrénaline empêche de vivre ces moments de plaisir – mais vous y ajoutez de la souffrance en allant à l’encontre même de ce qui fait naître votre bébé.

Schéma : contractions sans pleine conscience

Ces deux schémas sont extraits du superbe livre que je vous recommande sincèrement de lire “Se préparer à la naissance en pleine conscience” – Nancy Bardacke, ils résument bien les choses

L’accouchement et son déroulement

Ne pas prendre au pied de la lettre ce qui suit. Personne ne sait comment Votre accouchement va se passer.

On parle ici du déroulement selon des caractéristiques physiologiques universelles. Le vécu et ressenti dépendra de chacune (histoire, émotions, préparation, conscience…)

Le rythme de la nature : ça prendra le temps que ça prendra.

On ne sait pas quand vous allez accoucher- même dans le cas d’un déclenchement ou d’une césarienne programmée. Donc ne focalisez pas sur une date ! Habituez votre esprit au « je ne sais pas… »

Le temps auquel nous sommes habitués est le temps industriel, celui calé sur les secondes et les minutes. Ce temps « stimulant » qui nous entraîne à vivre à 100 à l’heure et génère du stress.

Apprenons le rythme de la nature, le temps horticole. Celui qui nous échappe et nous met parfois mal à l’aise car nous ne le connaissons pas. Rythme des saisons, plante qui pousse, fane et renait.

On ne peut pas l’accélérer. Par contre, on peut apporter de meilleures conditions à la fleur : meilleur terreau, place au soleil ou plus à l’ombre…

Nous sommes des êtres biologiques et vivons à ce rythme mais nous n’écoutons pas.

Réapprenons ce rythme : pendant la grossesse – quand le corps demande le repos

Ensuite, quand on cessera de vouloir donner une date précise d’accouchement.

Quand après la naissance vous devez vous caler sur les rythmes de votre bébé (sommeil, alimentation, croissance…)

Vous vous sentirez en harmonie avec ce rythme de la nature. Ralentissez et écoutez votre corps!

 

Voici à présent le déroulement d’un accouchement selon les 5 différentes phase du travail :

1 : pré-travail :

Douleurs irrégulières, similaires aux règles voire plus intenses.

Toutes les 10 à 20 mn et peuvent s’étaler sur plusieurs heures, voire un jour ou plus.

Durant cette étape, le col de l’utérus peut se ramollir, se raccourcir et commencer à s’ouvrir.

Les sensations de crampes vont s’intensifier, durer plus longtemps. Ce sont les contractions utérines.

2 :Travail et engagement :

On entre dans cette phase quand les contractions sont espacées de 4 à 5 mn, régulières et d’intensité plus forte depuis 1 à 2 heures.

A chaque contraction le col s’ouvre un peu plus.

La tête du bébé appuyant sur l’utérus, la dilatation est favorisée.

Le col va passer de 1 à 10 cm (diamètre de la tête du bébé).

Jusqu’à 3cm, les contractions vont se rapprocher toutes 5 mn et devenir plus fortes et ainsi être plus efficaces.

Ensuite le rythme et l’intensité des contractions s’harmonisent et peuvent se stabiliser jusqu’à la fin de la dilatation.

Une fois la dilatation complète, les muscles puissants de l’utérus se contractent et poussent le bébé dans la filière pelvienne. Détroit supérieur, moyen puis inférieur du bassin.

3 : Dilatation complète :

C’est parfois là que se rompt la poche des eaux (mais peut aussi rompre en pré-travail ou se fissurer ou rien du tout)

La tête du bébé va alors appuyer sur les nerfs du vagin et de la zone rectale.

Cette phase est en général intense et ne dure pas plus de 2 heures.

Vous allez alors ressentir une pression – soudaine ou progressive – à chaque contraction. Cela provoquera le besoin irrépressible de pousser votre bébé.

Soyez certaines que cette pression et ce besoin sont les signes évidents de l’arrivée imminente de votre bébé.

4 : Expulsion et naissance :

Les sensations seront différentes, certaines parlent d’une envie d’aller à la selle.

Phase qui dure de quelques minutes à 1 ou deux heures mais les maternités la limite souvent à 30 mn.

La durée varie en fonction de nombreux facteurs : poids et position du bébé, diamètre du bassin, puissance des contractions, vos positions, votre énergie, médicalisation ou non… adoptez un rythme binaire : travail – repos !!

Les 10 dernières minutes, il est possible de ressentir des sensations très intenses de brûlure : c’est la tête du bébé qui écarte et tire les tissus et muscles du vagin.

Puis le sommet de son crâne sort, souvent sur la poussée suivante, puis son front, ses sourcils, ses yeux clos, son nez, sa bouche et son menton.

Les sensations qui vont vous submerger seront intenses et inoubliables.

Souvent l’émergence de la tête du bébé est synonyme d’une sensation corporelle de soulagement, de libération.

Petite pause, puis nouvelle contraction pour sortir les épaules.

Le reste du corps sort facilement.

Après quelques secondes ou plus, bébé prend sa première respiration.

1er peau à peau : moment les plus émouvants de toute une vie.

5 : Délivrance du placenta :

Après une pause, une dernière grosse contraction ou deux puis sensation de chaleur : c’est le placenta qui sort à son tour.

Après une telle lecture, je vous propose de faire une pause avant de terminer cet article.

Offrez-vous quelques minutes de respiration profonde.

Il n’est pas rare, qu’une telle description de l’accouchement physiologique fasse travailler votre imagination et stimule toutes sortes de pensées.

Observez ces pensées, notez- les, si vous le souhaitez.

Quelles sensations ressentez-vous à l’intérieur de votre corps ?

Ramenez doucement votre concentration sur la respiration.

Peut-être allez-vous découvrir quelque chose sur vous ou sur votre relation à la naissance.

 

Maintenant, je vous offre la description d’un exercice de respiration.

 

La respiration de la vague

Cette technique respiratoire vous apportera le calme nécessaire et vous permettra de plonger dans la douleur.

Elle nécessité cependant un entraînement à la détente.

  • Choisissez une position confortable, assise ou allongée.
  • Prenez une profonde inspiration par le nez puis soufflez doucement par la bouche.
  • Détendez votre corps en relâchant les mâchoires, les épaules, les mains, les cuisses.
  • Gardez tout votre corps détendu et serrez uniquement votre point.
  • Inspirez sur 4 temps et soufflez lentement par la bouche sur 8 temps
  • Inspirez à nouveau sur 4 temps et soufflez sur 8 temps
  • Encore une fois, inspirez sur 4 temps, soufflez sur 8 temps
  • Relâchez votre point, reprenez une respiration naturelle
  • Relâchez les mâchoires, les épaules, les mains, les cuisses.
  • Accueillez les sensations de calme
  • Laissez venir à vous une image qui évoque la détente, la sérénité, le calme
  • Laissez ces sensations vous gagner de plus en plus à chaque respiration
  • Dans cet espace de détente, envoyez un message d’amour à votre bébé

 

  • Recommencez un nouveau cycle

 

  • Détendez votre corps en relâchant les mâchoires, les épaules, les mains, les cuisses.
  • Gardez tout votre corps détendu et serrez votre point.
  • Inspirez sur 4 temps et soufflez lentement par la bouche sur 8 temps
  • Inspirez à nouveau sur 4 temps et soufflez sur 8 temps
  • Encore une fois, inspirez sur 4 temps, soufflez sur 8 temps
  • Relâchez votre point, reprenez une respiration naturelle
  • Relâchez les mâchoires, les épaules, les mains, les cuisses.
  • Accueillez les sensations de calme
  • Laissez venir à vous une image qui évoque la détente, la sérénité, le calme
  • Laissez ces sensations vous gagner de plus en plus à chaque respiration
  • Dans cet espace de détente, envoyez un message d’amour à votre bébé

Explications de cette technique

Les contractions vont et viennent comme des vagues à intervalles réguliers.

La contraction monte, atteint son apogée puis diminue et enfin disparaît.

La respiration est là pour vous aider à apaiser les sensations intenses pendant la durée de la contraction qui dure environ une minute.

Cet entraînement vous enseigne comment laisser votre corps détendu pendant la contraction : votre poing serré simule votre utérus qui se contractera pendant l’accouchement. Vous apprendrez ainsi à maintenir le calme dans le reste du corps. Votre poing (ou votre utérus) n’est qu’une partie isolée et en tension dans votre corps relâché.

A mesure que vous progressez dans votre entraînement, vous augmenterez le nombre de cycles respiratoires en 4-8, ce qui vous fera tenir le temps d’une contraction complète soit une minute environ.

L’image de calme sera le signal pour votre cerveau lui indiquant que le moment de se reposer est venu. Vous pourrez ainsi rapidement atteindre un état de détente et donc vous ressourcer pour gérer la contraction suivante… ah bah oui, il va y en avoir d’autres… quelques unes… mais ça va le faire, vous aller gérer ça comme une championne !!!

Enfin, le message d’Amour à votre bébé, vous apprend à rester connectée à lui et ce quoiqu’il arrive. En plus le sentiment d’Amour est le plus puissant donc il va lui aussi vous galvaniser dans ce moment de repos d’entre deux contractions !

 

Oh la la qu’il m’en reste des choses à vous dire au sujet de l’accouchement !!!!!!!! Il me faudra vous écrire encore d’autres articles.

 

En guise de conclusion, je vous dirai de vous faire confiance, votre corps sait comment donner naissance ; et faites confiance à votre bébé, il sait comment naître !!! Répétez vous ce message aussi souvent que nécessaire pour en être pleinement convaincue !

Ressentez votre corps et toutes les sensations qui vous guident vers ce qui est bon pour vous : vous sentez que vous devez bouger : bougez ! Vous avez envie de vous mettre dans une certaine position, de chanter, de crier, de faire des sons étranges : Faites-le !!! Retrouver vos instincts les plus primaires, a bas la pudeur et les “qu’en dira t on?”, osez Vivre votre accouchement !

Gardez en mémoire que quoi qu’il se passe, ce sera votre accouchement, votre histoire et celle de votre bébé. Restez au maximum en contact avec lui, car pour ce petit d’Homme aussi c’est une véritable aventure, un grand défi, vous avez besoin de vous soutenir mutuellement, de vous guider, de faire équipe !

 

Pensez à partager et commenter cet article. Si vous avez des questions, vous pouvez aussi les poster dans les commentaires!

Je vous souhaite un bel accouchement … en conscience !

Caroline Muller – un Colibri Imparfait

 

Lectures recommandées :

Se préparer à la naissance en pleine conscience – Nancy Bardacke

Quelle naissance aujourd’hui pour quelle société demain ? Parcours d’une sage-femme engagée – Doris Nadel

Vivre et transmettre le meilleur pendant sa grossesse – De l’importance de la vie intra-utérine dans l’épanouissement de l’enfant _ Sophie Metthey

L’allaitement long expliqué à mon psy, mon généraliste, mon pédiatre, ma voisine… – Agnès Vigouroux

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