Décalottage or not décalottage, that is the question…

Nous venons de rentrer de la maternité, petite famille toute nouvelle, fatiguée mais tellement heureuse !

18h, l’heure du bain de mon adorable p’tit gars… Je prends plaisir à baigner ce ravissant petit Être pourtant une question se pose pendant ce doux moment de calme et relaxation : qu’est ce que je fais avec son zizi ; décalotte ou décalotte pas ?????

Pour faire mon choix en conscience, je suis partie à la pêche aux informations. Je vous dévoile ici le fruit de mes trouvailles afin que vous puissiez décider à votre tour.

Laissez-moi le temps de mettre ma blouse blanche et mes lunettes pour avoir un look de médecin et en avant la discussion !

 

decalotter bébé 3

 

Le décalottage est-il ou non une “bonne” pratique ?

Dans mon ancien métier d’auxiliaire de puériculture en centre maternel, c’est une question à laquelle je n’ai pas trouvé de réponse claire. Les jeunes mamans avaient des avis partagés sur ce sujet, mais j’avoue que je n’avais pas fait les recherches que je m’apprête à vous présenter (rien d’extraordinaire non plus, n’attendez pas de scoop, juste des infos à avoir en tête pour décider).

Deux types de réactions étaient observés. D’un côté, il y avait les mamans sûres de leur choix : “on m’a toujours dis de le faire, ma mère l’a fait à mes petits frères donc tous les jours pendant le bain je décalotte mon bébé”. Ces femmes ne demandaient pas d’informations, elles suivaient les recommandations et habitudes familiales ou les instructions de leur pédiatre.

D’un autre côté, certaines jeunes maman venaient me trouver en me demandant de décalotter leur bébé car elles n’aimaient pas le faire. J’ai toujours refusé de pratiquer ce geste qui me dérangeait. Simplement, ces femmes allaient voir mes collègues et ne revenaient plus vers moi à ce sujet.

Mais il n’y a jamais eu de vraie discussion autour de ce thème.

C’est ainsi que mes années au centre maternel ont défilées sans que je ne me pose réellement la question de la légitimité de cet acte.

Comme toute professionnelle parfaite et consciencieuse, j’aurais dû investiguer ; mais puisque je suis un Colibri Imparfait et que je ne croisais que très sommairement la question, je ne me suis jamais étendue sur le sujet…

… Du moins, jusqu’à l’arrivée dans ma vie d’un p’tit gars !

Je n’étais toujours pas à l’aise mais je sentais au fond de moi, que forcer ainsi l’intimité de mon bébé n’était pas naturel.

 

Chacun à son avis : du pédiatre à ma belle-mère, en passant par le médecin de famille et les amies.

Voici donc pour commencer les arguments de chaque “camps”

 

Pour

Contre

Si on ne décalotte pas, il aura des soucis plus tard, notamment lors des érections C’est en forçant le décalottage que l’on crée des cicatrices empêchant la bonne rétractabilité du prépuce
Pour éviter que les bactéries ne stagnent sous le prépuce et créent des infections Le prépuce du bébé protège des bactéries

Bon jusque là, je n’ai pas beaucoup avancé puisque chacun oppose son argument à son adversaire…

Je me suis alors penchée sur la physiologie du pénis (ou de la verge, du zizi, de la bistouquette,le petit oiseau…ou je ne sais quel nom que vous lui donnez).

 

Un peu de physiologie

 

Le schéma suivant appartient à l’association SPARADRAP qui propose de nombreux supports aux enfants pour comprendre le monde de la santé. Merci à eux ( https://www.sparadrap.org )

 

Schéma du prépuce et décalottage

 

 

A la naissance, le pénis et le gland du nouveau né sont presque entièrement recouverts par le prépuce. Cette peau est très étroite et il y a des “adhérences” entre le prépuce et le gland, cela veut dire que la peau est comme collée. En terme médical (si vous croisez la route de médecins tellement habitués à leur jargon qu’ils en oublient qu’en face d’eux, nous n’avons pas fait langage médicale en seconde langue au lycée) on appelle ça un phimosis physiologique. Donc, naturellement, le gland ne peut pas être décalotté (découvert).

La nature étant, normalement, bien faite, les adhérences vont disparaître peu à peu en même temps que la peau gagne en élasticité.

 Quand et comment ? Faites donc un peu confiance à votre garçon pour découvrir son corps, jouer et tirer sur ce machin rigolo qu’il a entre les jambes.

Lors de la croissance, les hormones vont œuvrer elles aussi à assouplir la peau. Viendront ensuite les érections naturelles et les actes masturbatoires et sexuels (je suis désolée de vous plonger dans un futur où votre garçon sera déjà grand, aura du poil au pattes et au menton… mais rassurez-vous, vous avez encore le temps de voir venir… profitez de votre petit bout de chou et de ses câlins…)

 

Le décalottage naturel et complet se fait à des âges variés. Bah oui, comme pour tout le reste : chacun son rythme !!! Pour certains enfant ce sera vers 3-4 ans, pour d’autres un peu plus tard et certains même seulement à l’adolescence.

Lorsque l’on force la sortie du gland par ce si petit orifice, en plus de la douleur vive pour le bébé, on crée des lésions au niveau de l’anneau superficiel du prépuce. Et chaque décalottage, on fait “craquer” un autre endroit de l’anneau. En cicatrisant, toutes ses lésions vont former des tissus fibreux donc plus rigides, plus solides et moins extensibles que la peau naturelle du prépuce.

C’est donc souvent ainsi que les problèmes arrivent en grandissant. A force de tissus cicatriciel, la peau perd de sa souplesse et on parle alors de phimosis pathologique (celui-là même qu’on cherchait justement à éviter à notre bébé précieux!). Et là, hélas, on ne pourra envisager que l’intervention chirurgicale car les crèmes corticoïdes n’auront aucun effet.

 

Il arrive aussi que des mamans pensant bien faire, subissent un traumatisme à devoir appeler les urgences car en décalottant leur bébé, le gland certes sorti, se retrouve étranglé par un prépuce trop serré qu’il est impossible de recalotter. Cela s’appelle un para-phimosis. C’est une urgence et c’est très douloureux pour le bébé.

 

Il apparaît que des amalgames soient faits entre le sexe de l’homme adulte et celui du nouveau-né. Pourtant, comme tout le reste du corps, le sexe du bébé n’est pas encore mature et a donc besoin de temps et de douceur.

 

Ah tiens, déjà je chemine vers ma réponse.

Cependant, que faire de ce duel d’arguments :

 

décalotter pour prévenir des infections VS le prépuce protège des bactéries ?

 

Là encore, je retourne à mes recherches en anatomie-physiologie.

Je l’ai mentionné plus haut, il est souvent fait un amalgame entre le pénis adulte et celui du bébé.

En matière d’hygiène, effectivement, l’homme a besoin de décalotter son sexe afin de le débarrasser d’une accumulation de smegma (substance produite pour permettre le bon coulissage du prépuce)  et de cellules mortes.

Les glandes qui produisent le smegma ne prennent leurs fonctions qu’au moment de la puberté donc pas de souci. Pourtant, les pédiatres, médecins de famille, grand-mères et autres copines conseillent le nettoyage du gland… mais alors on le nettoierait de quoi si ce n’est pas du smegma?

Et bien il peut effectivement y avoir des amas de cellules mortes (justement du fait que les “adhérences” du prépuce s’éliminent naturellement) mais la pression du jet d’urine s’occupe très bien de nettoyer tout ça.

 

Bien sûre, il reste des cas où tout ne se passe pas comme prévu.

Il sera alors très facile de culpabiliser les parents comme toujours en les incriminant de ne pas avoir pratiqué le décalottage, ou alors de manière imparfaite…

 

Si mon positionnement est désormais clair pour moi, une dernière question me vient cependant à l’esprit. Puisqu’il arrive des cas particuliers…

 

quand dois-je m’inquiéter et consulter ?

 

Seulement 1 à 1,5% des jeunes hommes de 17-18 ans ont un phimosis pathologique (vous l’aurez compris : ils ne peuvent pas faire coulisser le prépuce donc découvrir le gland).

A partir de 12 ou 13, si on constate un phimosis, on peut aller consulter. S’il doit y avoir une intervention, l’enfant devenu plus grand comprend le bénéfice de cet acte et l’accepte plus facilement qu’un bébé qui vivra cela comme une violence faite à son corps.

Notons qu’il y des alternatives à envisager en premières instances à la place de la circoncision.

La circoncision consiste à retirer complétement la peau du prépuce, le gland est donc mis à nu. On la pratique de façon religieuse pour les personnes d’obédience juive ou musulmane.

Lorsque l’enfant ne peut pas décalotter à cause d’un prépuce trop serré, on peut envisager une application de crèmes corticoïde qui va assouplir la peau ou alors pratiquer de petites incisions chirurgicales permettant d’élargir l’ouverture du prépuce. En dernier recours la circoncision sera pratiquée.

 

Je vous invite à lire les travaux, entre autres,du Docteur Aldo Naouri – pédiatre, afin d’approfondir le sujet si vous le souhaitez. Comme toujours, en ayant les informations nécessaires à la compréhension d’une question, on est à même de faire des choix éclairés et en conscience.

 

Quelque soit votre avis, c’est VOTRE décision, ne laissez pas les autres décider pour vous. Je reconnais que ça sonne très “slogan” pourtant, Vous êtes les seuls à pouvoir décider de ce qui est bon pour vous et pour votre famille.

 

Pensez à partager cet article pour que l’information circule, et dites moi en commentaire qu’elle est votre positionnement au sujet de cette question qui taraude (presque) toutes les mamans.

 

Caroline Muller – un Colibri Imparfait

 

http://www.aldonaouri.com/

http://www.aldonaouri.com/textes/faut_il.pdf

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