Hommage à Frédérick Leboyer

Alors que la presse nationale Française n’a pas relayé cette information, c’est pourtant un Grand Homme à qui la société doit beaucoup qui s’est éteint le 25 mai 2017 à l’age de 98 ans.

Si quelques articles de gens passionnés par la naissance n’en n’avaient pas fait mention, je serais surement moi aussi passé à coté de cette information sur la disparition de cet homme quasi inconnu du plus grand nombre… : Frédérick Leboyer.

Plus qu’un obstétricien, c’était un humaniste, un défenseur et porte parole de ces petits Êtres.

Pourtant, Frédérick Leboyer n’était pas pris au sérieux, ses idées ont été combattues avec force. Il a même rendu son diplôme à la faculté de médecine dans un geste de rébellion.

Il n’y a encore pas très longtemps, les bébés étaient accueillis tenus la tête en bas et largement fessés pour qu’ils “poussent leur premier cri”… drôle de départ dans la vie quand on y pense…

Alors que lui aussi a commencé sa carrière avec des gestes qui lui semblaient être bons, Frédérick Leboyer a osé se remettre en question et changer son regard sur le bébé. Et si ce nouveau né pouvait ressentir la douleur, avoir des émotions ? De tels questionnements à une époque où on opérait les bébés sans anesthésie sous prétexte que le nouveau né n’a pas de conscience, met le monde de l’obstétrique au défi. Son ouvrage “Pour une naissance sans violence” parue en 1974 fait l’effet d’une bombe.

Il confesse après un voyage en Inde et une thérapie que son utilisation du chloroforme pour endormir les femmes n’était en fait pas si altruiste qu’il voulait bien le reconnaître même si bien sûr il pensait qu’ainsi elles ne ressentaient pas la douleur.

“J’ai eu une naissance atroce. En la revivant, j’ai découvert que ce n’était pas par bonté que j’endormais mes accouchées.
En les empêchant de souffrir, de crier, de hurler, c’est la souffrance de ma mère, ce sont ses cris, et mes cris à moi aussi que j’essayais d’effacer. Ce fut très dur de découvrir ça… très… ” (interview donnée en 1977 dans une revue québecoise)

Frédérick Leboyer envisage alors l’arrivée du nouveau né de manière beaucoup plus douce et respectueuse.

Lumière tamisée, volume sonore très bas, gestes lents, il accompagne le bébé dans Son travail. Il ouvre des mains délicates pour accueillir ce petit d’Homme et le poser en peau à peau sur le ventre de sa mère. A la place des gestes médicaux invasifs comme le nettoyage des voies respiratoires, l’introduction d’une sonde dans l’anus afin de vérifier sa perméabilité, Frédérick Leboyer préfère poser le bébé délicatement sur la poitrine de la maman, le masser doucement, attendre que le cordon ombilical ait fini de battre pour le couper. Ainsi, reconnu et respecté, le bébé s’habitue en douceur à son nouvel environnement, sans pleurer, il se détend, s’épanouit et ouvre enfin les yeux.

Conscient des enjeux de la naissance, Frédérick Leboyer décide après la publication de son livre -rejeté, critiqué- de se retirer du monde médical. Il devient homme de lettres, et conférencier pour répandre son message.

Par ces quelques lignes je voulais moi aussi remercier ce Grand Homme pour le regard nouveau que nous pouvons porter sur la naissance. Bienveillance, émerveillement, respect sont les composantes majeures de la plus douce façon d’accueillir un bébé.

Je suis pleine de gratitude pour ce sublime héritage qu’il nous laisse. Que son message continue d’être véhiculé et entendu par tous ; que la médecine reste à sa place dans ce grand moment de la naissance : discrète partenaire, juste là en cas de besoin vital, laissant toute sa place à la mère et l’enfant pour œuvrer ensembles.

Ma goutte d’eau de Colibri Imparfait est donc naturellement de lui rendre hommage et de permettre que ses idées soient relayées.

 

Merci Monsieur Leboyer, mille fois merci

 

 

 

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