“… Et je ne suis jamais allé à l’école” : une autre voie est possible

Chaque enfant, dès l’âge de trois ans (voire  deux ans et demi) rejoint les bancs de l’école. Ces bancs il les usera pendant de longues années !!! Ou pas…

Dans la France des Charlemagne, Talleyrand et Jules Ferry, il tombe sous le sens que chacun de nos bambins se rendent en classe dès 8h30 avec le sourire pour y découvrir les joies de l’instruction, des relations sociales et des cours de récréation avec les copains.

Pourtant, qu’adviendrait il d’un enfant qu’on laisserait grandir hors de l’école ? Deviendrait il ce sauvage analphabète et associable que l’on imagine ?

André Stern, par son enfance sans scolarisation, nous montre qui il est devenu.

Ce témoignage, sans critique du système scolaire, n’est autre qu’ un appel à la liberté de choisir en toute conscience, en toute confiance. Il éclaire une autre voie et ouvre le champ des Possibles.

Laissez-moi, si vous le voulez bien, vous en dire un peu plus…

(Défi : un livre par mois pendant un an – 3/12)

 

ecole ou non2

 

 

Il est des livres, qui nous appellent de toutes leurs forces, croisant nos routes à de multiples reprises, criant toujours plus fort jusqu’à ce qu’enfin ils arrivent dans nos mains délicates prêtes à les recevoir.

C’est un peu le cas de ce livre “… Et je ne suis jamais allé à l’école”.

J’ai lu ce titre il y a quelques mois au détour d’une recherche dont j’ai oublié l’objectif.

Puis, il y a quelques semaines, en allant voir Elise, ma libraire préférée, je retrouve ce titre qui cette fois m’interpelle un peu plus car mon cheminement et ma réflexion autour des questions d’éducation/enseignement grandit. Pourtant, ce n’est pas ce que je suis venue chercher ce matin là, alors après l’avoir feuilleté, avoir lu la quatrième de couverture, je l’ai reposé.

Mais en rentrant chez moi, j’allume l’ordinateur pour commencer à travailler. Je dois, entre autre, poster une vidéo sur Utube. Au moment de me connecter, l’une des vidéos proposées sur le côté droit de mon écran, est une vidéo d’un TedX d’André Stern… Bon là du coup… je regarde cette vidéo.

Douze minutes plus tard, j’envoie un mail à Elise en lui demandant de mettre de côté son exemplaire du livre “…Et je ne suis jamais allé à l’école” :  je viendrais le chercher dès le lendemain matin car j’ai adoré André Stern et sa façon de présenter le devenir d’un enfant non scolarisé.

 

Ainsi, ce livre est entré  chez moi.

 

 

Quand j’ai découvert le personnage d’André Stern, je n’avais pas encore fait le rapprochement avec son père Arno Stern dont j’avais déjà entendu parler il y a des années (le créateur du Closlieu).

 

Le livre

 

Un sauvage analphabète et associable, pensiez-vous ? Et bien pour un analphabète, dès les premières lignes un constat s’impose : son vocabulaire et son style n’ont rien à envier aux plus grands noms de la littérature dont André a dévoré les œuvres complètes ! Proust, Camus n’ont aucun secret pour lui !

Mais alors, cela signifie qu’il sait lire… et écrire… sans être allé à l’école ? Comment cela est il possible ?!?

C’est là toute la beauté des apprentissages autonomes !et je ne suis jamais

André Stern est l’exemple de ce qu’il advient d’un enfant a qui l’on fait confiance, un enfant qu’on laisse dévorer un centre d’intérêt sans le juger ni l’interrompre. Un enfant que l’on ne stoppe pas dans son enthousiasme et son insatiable envie d’apprendre.

Les expériences de la vie courante sont autant d’opportunités d’acquérir de nouvelles compétences.

Les rencontres se veulent nombreuses et enrichissantes à condition de baigner l’enfant dans le Monde.

 

Ce que n’est pas ce livre : une critique assassine de l’école, une comparaison entre enfant scolarisé et non scolarisé, une méthode, une ode à la marginalisation.

Non, ce livre n’est rien de tout cela ! Il est un témoignage, une porte ouverte à la réflexion, un appel à la prise de décision éclairée et consciente. Mais surtout c’est une inspirante invitation à poser sur l’enfant un regard plein d’Amour inconditionnel et de confiance indéfectible . C’est également une occasion pour les parents que nous sommes d’apprendre à lâcher prise.

 

Tout commence par une belle et douce présentation de la famille Stern, avec beaucoup d’émotions

André Stern expose une part de ses connaissances et surtout comment il a acquis cette somme extraordinaire de savoir.

Lecture intense, partages avec les adultes, passion pour un thème puis un autre à mesure que l’engouement s’estompe, hasard des rencontres… les informations lui sont parvenues sous des formes diverses et variées.

On apprend dans ces pages que c’est avec l’enthousiasme jamais éteint de l’enfant qu’André a appris tous ces métiers. Oui “tous” car André s’est construit une vie aux milles facettes au gré de ses aspirations.

Mathématiques, physique, musique, écriture, langues étrangères, informatique rien n’échappe au cerveau absorbant de cet enfant qui grandi.

 

Une partie question réponse offre l’occasion de tordre le cou aux idées reçues.

Dans les 163 pages de ce livre, André Stern y a laissé une place pour la parole de ses parents. Un texte écrit par sa mère et un autre par son père mettent en lumière le choix de ses parents qui ont décidé de faire différemment.

 

 

ecole ou non

Pourquoi j’ai lu ce livre ?

 

Mon p’tit gars vient d’avoir 2 ans donc, “normalement” dans un an, il ira à l’école… normalement…

Pourtant, déjà, avant la lecture de ce livre, je sentais que quelque chose en moi sonnait faux. Quelque chose semble être en dissonance avec ce que j’apprends de l’enfant, de son développement… Je ne mesure pas encore très bien, mais j’ai un truc à travailler, un voile à lever.

Bien évidemment, je ne suis pas seule dans ce parcours : Papa p’tit gars a son mot à dire !!!

 

Je suis en grand questionnement sur ces thèmes et ce livre est vraiment une excellente entrée en matière : oui, l’enfant peut s’épanouir, apprendre des milliards de choses et se construire une vie à la hauteur de ses rêves en faisant l’école buissonnière.

Lorsque, frileusement, j’ai commencé à évoquer mon interrogation quant au fait de savoir si mon p’tit gars irait ou non à l’école, je ne savais pas forcément que répondre à tous les arguments que l’on me servait. Je devais bien évidemment justifier mon envie de suivre mon intuition.

Mais aujourd’hui, je sais déjà comment retourner un instant la situation : quand on me posera la question “pourquoi tu ne veux pas mettre ton enfant à l’école ?”, je pourrais simplement répondre par une autre question : “et toi, pourquoi veux-tu mettre ton enfant à l’école?”.

Cette évidence de la scolarisation n’est que très rarement remise en cause , pourtant n’est il pas possible de faire différemment ? Est ce qu’il existe un autre choix que “école classique” versus “école privée/alternative” ?

C’est toute la place est la considération de l’enfant qui est en jeu derrière cette “simple” question de la scolarisation ; donc un bien vaste sujet.

 

ecole ou non3En étant à l’école de 8h30 à 16h30 du lundi au vendredi (voir plus selon les calendriers, temps périscolaires..) pendant en moyenne 20 ans de leur vie, où trouver le temps de vivre dans la société, d’expérimenter des choix, des métiers pour choisir en conscience une voie dans laquelle s’épanouir ?

Quand on doit stopper une activité qui, pourtant nous passionne, pour passer à une autre qui nous ennuie au plus haut point, comment ne pas perdre notre enthousiasme ?

Ensuite, on demandera à ces jeunes sortis de l’école de s’intégrer dans la société… s’intégrer… cela veut bien dire, qu’ils ont, à un moment, étaient exclus de cette dernière …

 

 

Marquons ici un stopje ne critique pas le système et encore moins les enseignants. Ce n’est pas le but de cet article ! Je ne me prends pas pour WonderWoman et ne me sens pas l’âme d’une pédagogue génialissime dénigrant les professeurs qui ont passé plusieurs années à apprendre leur métier.

Mon objectif est de partager avec vous mon parcours et mes recherches, mes questions et mes doutes.

Bien sur la décision finale n’est pas prise car comme je vous l’ai dit, Papa p’tit gars a son opinion lui aussi ; et puis ce type d’engagement fait ressurgir toutes les peurs et toutes sortes de doutes/questions :

comment garder du temps pour mon travail que j’aime beaucoup, comment ne pas couper mon p’tit gars des joies de la camaraderie, ai-je suffisamment de compétences pour me lancer dans une telle aventure, pourrais-je assumer une telle responsabilité, comment fournir assez de “matière” à son épanouissement intellectuel, comment gérer le coût financier, et puis en termes de légalité, quelles sont les législations en vigueur etc

 

Toujours est-il que mes petits neurones s’activent dans tous les sens !

Une chose est certaine : rien n’est définitif et inscrit dans le marbre. Ainsi, même si j’ai ce type de réflexion, rien ne garantie que mon p’tit gars n’aille pas à l’école (que ce soit en septembre prochain ou plus tard), et rien n’empêche de faire machine arrière (dans les deux cas de figures).

 

Une autre chose est aussi certaine : je n’ai qu’une vie, mon enfant n’aura qu’un seule fois le temps de l’enfance et je souhaite lui offrir ce qu’il y a de meilleur pour lui, sans rien regretter.

Certains d’entre vous y verront les difficultés d’une mère à se séparer de son enfant et qui souhaite le couver au maximum, pourtant même si’ vous n’êtes pas complètement dans le faux (car je ne peux pas nier mon envie d’être au maximum avec mon p’tit Amour), je sais qu’il ne “m’appartient” pas et je souhaite lui permettre cette ouverture sur le monde. Et puis, vous vous en doutez, les motivations sont bien plus profondes…

 

Ce chemin me parait pourtant naturel et dans la continuité de mon parcours.

Après auxiliaire de puériculture dans un foyer pour jeunes mamans en difficultés, j’ai appris le métier de sophrologue.

Il m’aura, ensuite, fallut des “coups de pieds au cul” de la vie pour oser m’installer et lâcher mon emploi salarié.

Aujourd’hui je tâche de me créer une vie sur-mesure et de réaliser mes rêves. J’essaie de me défaire de mes peurs et de toutes les étiquettes que j’ai bien accepté qu’on me colle.

J’entrevoie cette nouvelle vie possible avec les changements rapides auxquels nous faisons face. Une nouvelle société se profile et c’est maintenant que nous pouvons participer à cette mutation.

J’essaie également d’apporter ce regard bienveillant à mes clients pour qu’eux aussi parviennent à se libérer.

La sophrologie, au-delà d’un métier est devenue une philosophie de vie, une nouvelle façon de voir le monde.

Tout ce que je fais est fait avec plus de conscience, de présence. Ainsi, l’écologie qui pour moi était un truc bobo il y a quelques années encore, devient de plus en plus importante même si pour le moment tous mes actes ne sont pas encore en totale cohérence… Je ne suis qu’un colibri IMPARFAIT.

Bienveillance, tolérance et patience sont des “qualités” que je développe du mieux que je peux.

On parle d’écologie, de respect de la nature mais on oublie trop souvent que l’Homme fait partie de la nature, il est donc important de le respecter lui aussi et de l’accompagner dans ces périodes sensibles voire fragiles. J’aime donc ce terme d’André Stern : l’Ecologie de l’enfance.

Plus j’en apprends sur le cerveau et sa construction, plus j’apprends comment grandit l’enfant plus je me sens “obligée” de faire tout mon possible pour lui fournir le meilleur terreau afin d’y cultiver une belle personnalité équilibrée et altruiste, en phase avec ses aspirations profondes.

 

Je suis consciente que ce sujet provoque des réactions, parfois vives, que certaines personnes ne comprennent pas que l’on puisse envisager sérieusement de ne pas scolariser son enfant, pourtant je tenais à vous partager cet article.

Il y a encore tellement à dire… j’écrirai surement d’autres articles à mesure que ma famille cheminera sur ces thèmes et jusqu’au mois d’Avril où sonnera l’heure de la décision : moment des inscriptions pour l’entrée en école maternelle…

 

En attendant, nous pouvons échanger, dans la convivialité et le respect, des différents points de vue de chacun.

 

Prenez soin de vous

 

A bientôt

 

Caroline Muller, un Colibri Imparfait

 

 

Si l’envie vous prend de lire ce beau témoignage, vous pouvez vous rendre chez votre libraire préféré(e) ou cliquer sur le lien affilié ci-dessous (affilié signifie que le prix reste identique pour vous et que moi je gagne quelques tous petits centimes qui iront faire grossir la tirelire de mon p’tit gars!)

 

 

Crédit photo : pixabay – sasint, TJENA, PublicDomainPictures, Alexandr33

 

 

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6 Comments

  1. C’est un sujet bien sensible que tu traites ici. Ce qui est important c’est de se poser la question. Pour l’instant, notre enfant de 8 ans continue sa scolarité et tout se passe bien, mais en entendant parler de plus en plus de l’existence de ces apprentissages alternatifs, la question se posera sans doute pour le prochain…

    Merci de nous avoir donné de quoi réfléchir 🙂

    • Merci Chang pour ton retour.
      Le partage d’information est justement là pour ça : permettre de réfléchir, de ralentir un peu et de nous questionner.
      Et comme tu le soulignes c’est effectivement un sujet “sensible” alors qu’il n’y a pas lieu de s’emporter, pourtant certaines réactions me surprennent..;

      Bien à toi

  2. Quel bel article que tu nous offres Caroline ! C’est une réflexion très intéressante, effectivement de mon côté je me dis que la vie a énormément de choses à apprendre aux enfants. Cela rejoint une réflexion que j’aime beaucoup : les voyages forment la jeunesse. Je ne sais plus dans quels pays on recommande aux jeunes diplômés de prendre du temps pour voyager et expérimenter.
    Et puis si on peut permettre aux p’tits bouts de vivre à un rythme plus tranquille, au lieu de leur imposer si petit le rythme des adultes, il me semble que cela est très bienveillant car on prolonge leur bien-être.

    • Merci Emily
      Le rythme est effectivement un des points qui m’orientent vers ces apprentissages autonomes.
      et puis je te confie au passage un rêve secret (donc tu le gardes bien pour toi toute seule surtout ): j’adorerai partir faire le tour du monde avec mes enfants afin de leur montrer la richesse de notre planète, des cultures différents… mais shut !!! lol

      Bien à toi

  3. Je me reconnais beaucoup dans cet article… Merci, je ne suis donc pas la seule à me questionner, à remettre en question ce qui semble être “normal”. J’ai parfois l’air d’une extra-terrestre aux yeux de mon entourage.
    Je n’ai pas encore lu les ouvrages André Stern mais je l’ai vu en conférence au Festival pour l’école de la vie (en septembre dernier) et j’ai été profondément bouleversée. L’écologie de l’enfance m’a semblé tellement évidente mais tellement difficile à mettre en place dans la société dans laquelle on vit. Alors en colibri imparfait, j’avance petit à petit pour plus de cohérence, de tolérance et de bienveillance.

    • Merci jessica pour ton commentaire.
      Si grâce à cet article tu te sens moins seule alors ma mission est accomplie et je pourrais passer une bonne nuit !!!
      Effectivement je trouve encore compliqué de mettre tout cela en place dans notre société actuelle.
      mais nous pouvons transformer les choses, faire partie de ces gens un peu pioner ! Laissons de coté nos pensées limitantes et nos peurs et créons ensemble un monde différent… un monde cohérent, bienveillant !

      Bien à toi

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