kit de survie pour parents de BABI (et tous les autres parents aussi)

Ô toi parent de merveilleux BABI, comme tu dois être fatigué, découragé parfois, à la limite de la rage et dépassé par ce charmant bambin qui pleure tellement.

Je suis passée par toute cette palette d’émotions, de sentiments dérangeants mais aujourd’hui les choses me paraissent beaucoup plus simples…

Dans cet article je te livre mon kit de survie qui, je l’espère, t’apportera une petite bouffée d’oxygène.

 

Sans vouloir coller d’étiquette ou stigmatiser une catégorie de bébés, il est quand même important de souligner le caractère épuisant des BABI.

Petite parenthèse d’ailleurs, avec le recul que j’ai pu prendre, je me dis que les BABI sont en fait des représentants de la voix des bébés, qu’ils sont les défenseurs de leurs droits. Les BABI, par leur exigence, réclament le traitement que tout bébé devrait être en mesure de recevoir : un maternage proximal, de l’empathie, de la douceur et de la bienveillance. Ils obligent les parents à réaliser tout cela et comme souvent ce sont ces mêmes parents qui relaient les informations, ils font donc de nous des défenseurs des bébés.

Quoiqu’il en soit même si tu n’as pas de BABI, cet article devrait quand même t’apporter des outils pour te détendre un peu car rappelons que tout enfant passe à un moment ou à un autre par des périodes difficiles et que de toute façon, le métier de parent requiert une grande dose d’énergie et de patience au quotidien.

 

Parent de BABI, quel quotidien ?

 

Sans te refaire l’article sur qui sont les BABI, voici cependant quelques notions de ce que peut ressentir un parent de BABI (et tout autre parent par moment).

Au-delà de la fatigue inhérente à toute arrivée d’un bébé, le parent de BABI cumule de nombreuses émotions diverses et intenses comme celles de son bébé. Et oui, à force d’enchaîner les jours et les nuits sans vrai sommeil, les heures de pleurs inconsolables, nos émotions sont comme celles de notre bébé : exacerbées.

Comme je ne veux pas faire trop de généralisation car chacun est différent et qu’au travers du terme BABI déjà je généralise beaucoup, je vais te parler de Mon expérience et donc de Mes émotions. Peut être que tu te reconnaîtras un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout…

 

Que j’étais fière de rentrer chez nous avec mon p’tit gars après un accouchement génial et un court séjour à la maternité où tout s’est bien passé.

J’étais persuadée que je saurais m’y prendre avec ce petit Être car j’exerce les métiers d’auxiliaire de puériculture et de sophrologue…

Et pourtant…

Je ne sais pas dire ce qui aura été le plus dur au –delà de la fatigue : sentir mon incapacité à apaiser mon enfant, en vouloir parfois à mon bébé de ne me laisser aucun répit, aucun temps pour moi, pour souffler et ensuite la culpabilité d’en vouloir à cet innocent bébé ou le sentiment de solitude et d’incompréhension qui se faisait autour de moi. C’était un peu comme traverser un tunnel dont on ne voit pas l’issue : je ne pouvais pas me dire “je vais passer une bonne nuit et demain tout ira bien” du coup j’angoissais parfois en me demandant où et comment j’allais trouver encore un peu d’énergie.

 

Encore une fois, ce qui m’a permit de puiser dans mes ressources insoupçonnées ce sont mes outils de sophrologie. Ces derniers m’ont offert des temps de calme pour apaiser mon mental et sortir la tête de l’eau pour envisager des solutions ; ils m’ont aussi donné la possibilité de me reposer en mode flash!

 

J’ai également appris un truc qui m’a fait totalement remettre en cause mon travail au centre maternel dans lequel je travaillais encore : un conseil, aussi censé et gentil soit-il, peut, dans des moments de fatigue et de fragilité, renforcer le sentiment d’incompétence et d’inaptitude d’un parent ou bien agacer au plus haut point.

Alors dans cet article, plutôt que de te donner des conseils (car si tu lis ces lignes c’est que très certainement tu es épuisé(e) –d’ailleurs je vais tenter de faire court pour que tes yeux puissent rester ouverts jusqu’au bout), je te parlerai de ce qui a fonctionné pour moi. Tu pourras ainsi, si tu le souhaites expérimenter toi-même ce qui te semble intéressant.

 

 

Tour d’horizon de mes bouées de sauvetage

 

1 – Bien évidemment, la première chose qui m’a permis de rester bienveillante malgré tout, aura été ma

connaissance du bébé

. En effet, savoir comment se développe un bébé, comment fonctionne le cerveau d’un enfant m’a aidé à ne pas tomber dans les travers du genre :”Il me fait des caprices, je vais lui montrer qui est le maître à la maison, il va pleurer et quand il en aura marre, il se calmera!”

Ces connaissances ont tout simplement renforcé ma capacité à accueillir les situations en réalisant que si moi-même je suis dans un moment inconfortable, c’est pire pour mon enfant qui ne peut s’exprimer de façon claire, qui ne maîtrise pas son corps et se retrouve donc dépendant de moi et incapable d’assouvir son besoin dans l’instant.

 

2 – Écouter mon cœur de maman

Voilà une force inestimable ! Bien plus que mes compétences professionnelles, c’est comme une puissante force interne qui guidait mes réponses à mon bébé. Je sentais que je pouvais me faire confiance, je savais au fond de mon cœur ce qui était bon pour mon bébé, malgré ce que je pouvais entendre.

L’entourage… des dizaines de personnes ultras bien intentionnées, gentilles et qui veulent aider mais qui parfois t’embrouillent l’esprit à force de conseils contradictoires. Il y a d’un côté les parents d’enfants pour qui les méthodes de livres de puériculture ont fonctionné et d’un autre coté les professionnels de la petite enfance avec leur regard parfois trop “professionnel” et un peu vidé de cœur justement. Tu croisera aussi des parents dont les méthodes d’éducation ne sont pas les tiennes. Et entre tout ce beau monde, il y a… ton BABI et toi.

Comme je te l’ai dit, j’étais auxiliaire de puériculture, donc des théories j’en connaissais un certain nombre. Pourtant rien ne m’avais préparée à cette intensité…

J’ai gardé ma ligne de conduite : materner mon bébé encore et toujours…

C’était quelque chose de viscéral, il me fallait être en contact avec mon bébé, le cajoler de suite et prolonger cette “fusion” tant décriée pour le rassurer et l’apaiser… et donc m’apaiser moi aussi. Je ne refusais aucune demande de câlin, de tétée, de contact car c’était ce qui nous faisait du bien à tous les deux !

 

3 – Respirer

Ce que je dis souvent à mes clients c’est que s’il n’y avait qu’un seul exercice à retenir dans toutes nos séances, ce serait la respiration!

Il est important de respirer. Oui, je lis dans tes pensées : tu es en train de te dire “si je peux lire cet article c’est que je suis vivant(e) donc, que je respire! Certes, mais comment respires-tu ?

Là, je te parle de la vraie respiration, abdominale et profonde. Cette façon de respirer apporte calme et détente en quelques secondes.

Quand je sentais la pression monter (et même encore parfois !!!!), j’inspire lentement en gonflant mon ventre et je souffle le plus doucement possible par la bouche. Je répète trois ou quatre fois cette respiration et je me concentre sur les sensations de calme à l’intérieur. C’est un exercice simple et tellement efficace (les fois où j’ai craqué ce sont justement les fois où je n’ai pas pris ces 3 ou 4 respiration – comment ça? une sophrologue qui ne respire pas et qui craque??!!! Oh la honte !!!)

 

4 – Sortir, prendre l’air

.

Quel que soit le temps, je mettais mon p’tit gars dans l’écharpe et nous sortions nous promener! Il est fan de nature et s’extasiait devant les arbres ce qui me faisait sourire, donc me faisait du bien.

Ces sorties nous permettaient bien évidemment de prendre l’air mais aussi de discuter un peu avec d’autres adultes – car oui à force de passer 24h/24 avec un bébé qui ne me répond pas autrement que par des pleurs ou des mimiques, j’avais parfois l’impression de me sentir comme sur une île déserte, en train de perdre la boule à force de parler seule.

Moi qui suis un tantinet bavarde, ces quelques personnes croisées au hasard de mes promenades ont dû subir mes logorrhées…je leur adresse mes excuses.

 

5 – Découvrir le concept des BABI et échanger sur des forums

Quand j’ai enfin posé ce terme dans mon quotidien, j’ai ressenti comme un énorme soulagement ! Je découvrais que je n’étais pas seule… Alors concrètement ça ne change rien à mon quotidien, mais je pouvais papoter sur le net avec des parents qui me comprenaient sans me juger et on pouvait partager nos petites astuces.

C’est surtout le livre du Docteur William Sears (Que faire quand bébé pleure) qui m’a fait le plus grand bien. Il y explique le tempérament de nos BABI et donne des axes pour comprendre comment réagir à leur demandes excessives.

 

6 – Prioriser

Autant te dire que désormais et pour aussi longtemps que mes enfants (oui, pour le moment il est tout seul mon p’tit gars, mais peut être que la famille s’agrandira… quand j’aurais repris vraiment des forces!!!) donc, aussi longtemps que mes enfants auront besoin de moi je ferais passer le ménage et plein d’autres tâches au second plan !!!

Avant je n’aimais pas que quelqu’un entre chez moi si il y avait du désordre, je me sentais alors mal à l’aise et jugée… Je peux assurer qu’aujourd’hui je suis parfaitement à l’aise avec cette idée : j’ai une maison qui vit et surtout ma priorité c’est mon enfant.

De toute façon je n’avais pas le temps de le faire le ménage !!!! Pendant les 20 mn de sieste de mon bébé je devais choisir entre :

  • faire le ménage,
  • appeler tout le monde,
  • me reposer,
  • aller aux toilettes (et bah non, ça non plus je n’avais pas le temps),
  • manger et boire (attention à ne pas trop boire car après il faut tenir sans aller aux toilettes … ),
  • discuter sur un forum,
  • laver le linge de bébé,
  • prendre ma douche (ah le bonheur d’une longue douche chaude et relaxante, quel mythe c’était devenu ),
  • caresser un peu mon chat qui se sentait délaissée…

bref, tic tac tic tac… 20 mn ça passe très vite, réfléchis vite à ce que tu vas faire Caro !  Tic tac tic tac… OK !! je choisis l’option “dodo pour tenir bon!” Bravo, bon choix !

J’ai laissé des choses s’entasser dans le coin “choses à faire… plus tard !”, Fuck la vaisselle et le ménage !  Chaque jour, je ne me fixais qu’un seul objectif (et pas un trop gros non plus, c’était plutôt du style : poster un courrier, faire la caisse du chat – cette tâche s’imposait de toute façon à moi quand mon super Cat’s me faisait comprendre son besoin en allant uriner dans mon évier… je crois que c’est on ne peut plus clair comme revendication ! )

 

7 – Relativiser

Merci la sophrologie de m’avoir appris ça avant l’arrivée dans ma vie de mon BABI chéri !!!!

Relativiser sur… tout !

Encore le même exemple : la maison n’est pas nickel ? qui m’en tiendra rigueur ? les gens viennent pour nous voir ou pour scruter la maison dans les moindres détails?

On mange plusieurs fois de suite la même chose ? La semaine prochaine j’aurais déjà oublié tous les repas pris.

Mon bébé ne s’endort que dans mes bras ? Quand il aura 20 ans et que ses câlins se feront rares je regretterai cette période ; et puis il y a forcément un moment où il saura dormir seul.

Je ne me suis pas lavée deux jours de suite ? Ma peau fragile se repose ainsi et j’économise une denrée précieuse qu’est l’eau. Quoi “Beurkkkkkk!” ? non mais je ne sentais pas le bouc quand même… enfin je ne pense pas, il faudrait demander à mon chéri.

 

8 – laisser le temps faire son œuvre

Ce point n’est pas quelque chose sur lequel j’ai pu avoir le moindre contrôle tu t’en doutes, mais le temps passe TRES TRES vite et au final, les choses s’apaisent d’elles-même. BABI grandit et son tempérament se fait plus doux… J’ai fait appel, non pas à un ami mais à ma Patience !

 

9 – La communication accompagnée de signes

Alors là, je te livre ma véritable pépite d’or !!!!!!!!!!

Un BABI ne peut supporter la frustration, il a besoin d’être compris et que ses besoins soient satisfaits dans l’instant, il me fallait donc trouver un moyen pour lui permettre de s’exprimer… sans avoir à attendre la parole qui n’arrive que vers 2 ans.

J’ai commencé la merveilleuse aventure de la communication accompagnée des signes !!!

J’ai commencé très tôt à signer pour mon bébé et il a fait son premier signe à 9 mois, puis rapidement les autres ont suivis! Dès lors les colères étaient moins fréquentes. Quel bonheur de le voir démarrer une “conversation” avec moi en me signant ces centres d’intérêts, en précisant ce dont il avait besoin.

Désormais, je comprenais plus facilement ce qu’il voulait, ce qu’il aimait.

Je te ferais un article spécial sur la communication accompagnée des signes car c’est quelque chose qui me tient particulièrement à cœur.

 

10 – Me concentrer sur le positif

Quoi de plus merveilleux qu’un bébé ? Quoi de plus touchant qu’un sourire dès le réveil ? Quoi de plus mignon qu’un bout de chou qui gigote de plaisir à la vue d’un arbre ? Quoi de plus beau que d’admirer les progrès quotidiens de ce petit d’Homme ?

Tous ces petits moments de magie sont importants, pourtant il est parfois difficile de les voir quand la fatigue nous gagne au plus haut point.

Je me suis focalisée sur tous les aspects positifs de chaque détails. Même si la nuit avait été horrible, voir son superbe sourire dès qu’on ouvrait les yeux tous les deux, gommait tout l’épuisement et toutes les émotions désagréables !

 

11 – Un maternage proximal

Derrière ce terme étrange se cache un ensemble de pratiques qui se veulent respectueuses et bienveillantes de l’enfant. Cela englobe le cododo, le portage, l’allaitement à la demande, l’accueil des émotions de l’enfant, ne pas laisser pleurer l’enfant…

Ce type de maternage ne convient pas à tous les parents et libre à eux de choisir ce qui est Juste pour leur famille. De mon côté, c’est en âme et conscience que j’ai choisi le maternage proximal. J’y trouve dans ces approches ce qui Me parait essentiel au développement de l’enfant. C’est le fruit de mes expériences professionnelles, de mes lectures, d’échanges avec des professionnels.

 

 

Voilà, tu en sais maintenant un peu plus sur ce qui m’a permit de passer le cap exténuant des premiers mois quand parfois même tout l’Amour que j’ai pour mon bébé ne parvenait pas à me redonner un minimum d’énergie.

Des conseils tu en trouveras à la pelle sur le net, à toi ensuite d’expérimenter et de conserver les astuces qui te font du bien.

Chaque parent est différent, chaque bébé est différent et donc les relations et histoires se déclinent à l’infini.

En guise de conclusion, je “prêcherai quand même encore un peu pour ma paroisse” en te disant que la sophrologie est vraiment une approche géniale quand tu as besoin justement de retrouver de l’énergie, de prendre du recul, de comprendre ce qu’il se passe en toi afin d’être vraiment à l’écoute de tes besoins. Ainsi recentrée, tu peux enfin aller pleinement dans la relation à l’autre sans craindre de te perdre ou d’être engloutie par des demandes trop excessives. Bienveillance, tolérance et respect sont des valeurs fortes véhiculées par la sophrologie et qui feront des merveilles dans ton quotidien de parent Imparfait mais conscient.

 

Je te souhaite de beaux moments d’Amour et de douceur entre deux crises de nerfs… Prends soin de toi, de ta famille et surtout devient le meilleur parent Imparfait pour tes enfants.

 

Penses à me laisser en commentaire ce qui t’aide à passer des caps difficiles ou si au contraire tu as besoin de soutien et de réponses à tes questions, je te répondrais avec tout mon coeur de Colibri Imparfait.

 

Caroline Muller – un Colibri Imparfait

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2 Comments

  1. Merci Caroline pour cet article très vrai et très bien écrit!
    Mon enfant n’est pas un BABI, mais c’est sûr, c’est parfois épuisant d’être parent 🙂 quelque soit le caractère de l’enfant. Ma fille est très curieuse et demande énormément de notre présence, que nous avons aussi choisi de toute manière de lui donner car nous pratiquons un maternage (très) proximal. Alors voilà on a choisi, et faut suivre maintenant!
    Natacha

    • Merci Natacha de votre commentaire. Effectivement, BABI ou non, les enfants nous demandent une grande attention et que l’on choisisse ou non le maternage proximal, la parentalité positive ou “traditionnelle” être parent relève parfois de l’acte héroïque et nous méritons des médailles lol… Nous faisons tous de notre mieux avec nos enfants, en fonction de qui nous sommes, de notre histoire…
      Bien à vous

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