Parents : les vrais héros !

Dans notre société, la critique et le jugement sont très faciles et même monnaie courante. La moindre défaillance d’un parent est pointée du doigt ; un enfant qui s’agite dans un super marché : aussitôt les regards noirs et accusateurs se tournent vers le parent (souvent la mère, au passage …)

Aujourd’hui je souhaite rendre un hommage aux vrais héros du quotidien : les parents et à fortiori les parents solos !!!!

 

parent solo 2

 

Pourquoi un article sur les parents solos ?

 

J’ai pendant huit ans, travaillé dans un foyer avec des jeunes mamans en difficulté. Tout fraîchement sortie de l’école d’auxiliaire de puériculture, c’était mon premier (et unique) poste dans mon nouveau métier et je ne me rendais pas compte à quel point mes exigences envers ces femmes étaient hautes, inatteignables, ridicules !

Il m’aura fallu plusieurs années (oui, je sais c’est long…) pour comprendre que je ne pouvais exiger de ces femmes carencées et malmenées par la vie (oh le joli mot doux pour dire : détruites, cabossées, meurtries, violentées, violées)  des niveaux de “compétences” tels qu’on nous les enseigne dans les livres.

J’ai commencé à revoir ma copie.

Puis le temps et les expériences ont continué de s’accumuler, et je suis devenue moi même maman

Je crois que depuis je comprends cette blague qui dit : “avant, j’avais des principes, aujourd’hui j’ai des enfants !”

Effectivement, avant, moi aussi, je m’imaginais dans le rôle de la mère parfaite, forte de mes connaissances de la petite enfance.

Je m’entends encore donner aux femmes, des conseils que moi même je n’appliquerais pas aujourd’hui avec mon p’tit gars.

Bien sure, j’ai jugé certaines femmes, je ne leur donnais parfois même pas le bénéfice du doute, une chance de “faire leur preuve”. Je les blâmais pour la moindre faute commise (une couche pas changée dès le saut du lit avant de sortir de leur chambre, un bain pas donné un soir, un repas pas équilibré et inadapté à l’enfant, une parole déplacée…).

 

Puis j’ai vécue moi aussi dans la peau d’une maman “solo” pendant un an. Je mets des guillemets à solo car en faite je n’étais pas tout à fait solo, mais mon ami, pour des raisons professionnelles a passé toute l’année à Aix en Provence, pendant que mon p’tit gars et moi étions dans l’Oise.

Pendant un an, mon ami n’était avec nous que du vendredi 19h au dimanche 17h… Autant dire pas beaucoup !

Ces 12 mois de galère ont pris fin en mars et j’ai pu tirer un bilan de cette expérience : les parents  et surtout les parents (solos) sont des héros du quotidien.

 

 

 

Parent solo pendant un an

 

Ce que je tire de cette année passée, c’est une énorme fierté, de la force … et une put… de méga grosse fatigue avec une dette de sommeil lourde de quelques centaines d’heures !!!!

Oui je suis fière, fière de moi, de mon p’tit gars, de mon chéri, de ma famille !

Avant le départ de mon ami, j’appréhendais terriblement, je me demandais comment j’allais pouvoir gérer toute seule (je rappelle au cas où, que mon amour de p’tit gars est un BABIc’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup !!!).

Quand j’ai fermé la porte le premier dimanche, j’ai regardé mon p’tit gars, je me suis assise sur le canapé en le regardant, j’ai pleuré un peu, puis je lui ai dit : “je compte sur toi, pour m’aider mon cœur, je sais que tout va bien se passer et qu’on va gérer cette nouvelle situation.”

Et c’est exactement ce qu’il s’est passé ! Nous avons relevé toute sorte de défis plus ou moins drôles.

J’ai géré la première soirée (et nuit) en mode vomito !!! Rester calme et nettoyer.

J’ai géré les rdv chez le pédiatre, les horaires à faire coïncider entre la crèche et mes clients ; j’ai géré les crises de colère, les soirées épuisantes avec mon bébé en pleurs collé à moi et ne me laisse préparer le repas qu’avec une seule main.

J’ai géré les soirées entières passées à essayer de l’endormir.

J’ai géré les pétages de câbles quand à bout de nerf, je me mettais à crier (oui, moi qui prône l’éduction positive comme valeur haute, j’ai crié sur l’Amour de ma vie – rien que de vous l’écrire j’en culpabilise encore !!)

J’ai géré mes angoisses liées au sommeil de mon enfant, les maladies qui évoluent difficilement, les nez bouchés qui empêchent de respirer tranquillement.

J’ai géré mes états d’âme, mes coups de fatigue, mes moments de doutes et de désespoir même parfois !

J’ai fait de la “rétention d’information” pour ne pas inquiéter inutilement mon ami à l’autre bout  de la France, alors parfois je flippais seule dans mon coin et lui disais que tout allait bien?

 

Mon p’tit gars aussi a été un super méga chef ! Il s’est adapté, à sa façon, à cette nouvelle vie. Il a exprimé ses émotions, il a grandit  et progressé chaque jour.

Quant à mon ami, il a su, lui aussi, surmonter cette épreuve si difficile de ne pas voir grandir son bébé ; d’être loin de nous et de s’inquiéter parfois. Il a su nous porter un maximum d’aide et de soutien les week-ends. Il a réussi à aller au bout de sa formation malgré toutes les difficultés.

 

Alors non, pendant un an, les repas de mon enfant n’ont pas tous été des plus équilibrés et adaptés ; non ma maison n’a pas été super bien propre et rangée tous les jours, non je ne suis pas restée toujours ferme face à mon fils, oui j’ai été souvent en retard (bon ça de toute façon c’est inné chez moi, je crois que c’est héréditaire, ça en déculpabiliserait plus d’un si on apprenait que c’était génétique ! ) …

Oui, mon travail a été bâclé parfois, non, je n’ai pas toujours respecté mon rythme et mes besoins (surtout mon besoin de sommeil ).

 

Mais ce qui est sûr c’est que j’ai développé un Amour sans borne !!!!

Un Amour pour ma famille en un premier temps, puis de l’Amour pour tous les parents solos (et tous les autres parents).

 

Je me suis rendue compte à quel point chacun fait comme il peut, à quel point les parents sont seuls, à quel point les parents manquent d’information et de soutien.

 

Parent solo

 

Parent : le défi du quotidien

 

Alors, quand j’entend aujourd’hui quelqu’un me dire, qu’il manque de confiance en lui, qu’il ne fait jamais rien de bien dans la vie, je renvoie à ce rôle incroyable de parent qu’il endosse chaque jour !!!

Des parents foncièrement méchants, qui veulent du mal à leurs enfants, ça existe mais de manière très minime, par contre des parents démunis et seuls qui ne savent plus quoi faire, il y en a énormément !

Cette expérience, en plus de mon travail et des ateliers que j’anime me met face à ce triste constat : l’isolement d’une très grande partie des parents. Le plus beau et plus dur métier du monde n’est pas enseigné à l’école, on ne passe pas de diplôme et on ne reçoit jamais aucune médaille…

Non je ne jetterai plus la pierre à une maman qui ne parvient pas à donner un cadre à son enfant. Non, je ne blâmerais plus un père qui n’utilise pas les bons mots pour s’adresser à son enfant… par contre je me demanderais : que vivent- ils au quotidien ? comment les aider et comment leur faire parvenir les informations nécessaires qui les feront grandir dans leur rôle?

Combien de parents solos se retrouvent à quitter le foyer aux aurores pour aller bosser, assumer des heures de transport et rentrer tard avec leur enfant pour commencer leur seconde vie : celle de parent …

Comment envisager d’avoir suffisamment de temps et d’énergie pour gérer le quotidien sur le long terme sans un peu de soutien, sans personne à qui passer le relais et simplement dire “je n’en peux plus” ?

 

Petit problème de mathématiques : alors qu’une journée ne dure que 24h ; comment faire pour assumer 8h de boulot, 2h de transport, 1h minimum de tâches ménagères et repas (compter presque le double pour mitonner de bon plats bio et frais) et autre intendance, 30mn par enfant de présence attentive et de bonne qualité, 10 minutes de méditation car c’est bon pour la santé et le moral, 1h pour prendre soin de soi car il parait que c’est primordial, 30 minute pour entretenir de bonnes relations avec ses proches en donnant des nouvelles, 30 mn par enfant à nouveau mais pour faire les devoirs cette fois, caser les différents RDV (pédiatre, puis passage à la pharmacie, banque, garage, dentiste etc), faire les courses et  dormir 9h pour préserver son capital santé ?

 

En gros, le parent moderne est une espèce destinée à muter : dans quelques années, l’évolution de l’espèce étant normalement censée assurer notre survie, nous devrions nous transformer peu à peu en une sorte de poulpe avec 6 bras, deux têtes afin de se répartir les périodes veille-sommeil ; à moins que nous ne mutions en cyber-parents bioniques avec des puces implantées qui nous permettraient de faire les choses ultra rapidement, de nous téléporter et de nous ressourcer en dix minutes branché sur une prise…

 

 

Parents : je vous aime !

Nous sommes les héros des temps modernes : toujours là pour soutenir et aider nos enfants en plus d’assumer notre quotidien (de plus en plus stressant) dans l’ombre, un peu comme Clark Kent (superman).

Nous sommes forts et parfois faible,

Nous sommes justes et parfois injustes,

Nous sommes drôles et parfois en colère,

Nous sommes en forme et parfois fatigués,

Nous voulons le meilleur pour nous enfants et avons tous notre définition du “meilleur”, nous faisons de notre mieux ! Nous sommes le parent que l’on appris à être et surtout nous sommes le meilleur parent pour nos enfants.

 

 

Et vous, sentez-vous à quel point vous êtes un parent extraordinaire ? Dites le moi dans les commentaires, j’adore vous lire…

 

A bientôt,

Devenez parfaitement Imparfait

 

 

Caroline Muller, un Colibri Imparfait

 

 

Crédit photo : pixabay : ambermb, 3643825, dagon

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